Je m'appelle Victor, j'ai 37 ans et selon les étiquettes en vigueur, je suis à cheval entre brun ténébreux et métrosexuel. En m'affranchissant de ce genre de considérations, je me définirais plutôt comme un latin avec une sensibilité de princesse russe.
J'aime le beau et déteste par dessus tout la vulgarité. Non pas la vulgarité dans le langage, comme vous pourrez aisément vous en rendre compte au fil de vos lectures, bien que parfois il me semble comme une évidence que la vulgarité dans un discours souligne de façon frappante un manque de vocabulaire flagrant, mais la vulgarité au sens de la faute de goût façon nouveau riche, où le luxe véritable consiste en un étalage ostentatoire, presque maladif de grandes marques en grandes lettres. Afficher à n'importe quel prix une réussite ou une richesse à laquelle ils ne s'habitueront jamais vraiment.
Autour de ces nouveaux rois du monde rôde fatalement une cour de mouches à merde, plus déterminées les unes que les autres à se gaver de leur naïve arrogance.
Croire que tout ce qui est beau est forcément cher est, à mes yeux, l'expression la plus poussée de vulgarité intellectuelle ou culturelle, bien que dans certains cas, cette affirmation reste vraie et surtout fondée. C'est le cas notamment pour les montres, les voitures, les hôtels mais qu'en est il de l'amour, la paix de l'âme, le temps ou la joie?
Avec cette question de jeune vierge qui n'est pas sortie de sa tour depuis plus d'un siècle et dont le minou sent les draps des vieilles à l'hospice, je vois arriver les machos, les couillus, les "j'm'épile pas le torse, chuis pas un pédé!" avec leurs cortèges de questions aussi limitées que le cerveau d'un joueur de foot ou d'un motard, "l'amour c'est pour les pédés ou les pucelles, ou les deux à la fois", "moi on me donne une Rolls, je la prend et je vais à Saint trop' niquer de la fille de l'est à la tonne!".
L'espace d'un achat on peut tout combler, mais pour combien de temps? Personnellement, sur mon lit de mort je préfère caresser la main de mes enfants que la portière de ma Bentley ou le bracelet de ma Patek, c'est con, mais c'est comme ça.
Pourquoi "Coach de coaches"?
Pour les raisons évoquées ci dessus. Pour transformer les mouches à merde en papillon et les renards en renards et pas en lécheurs de culs de corbeaux!
"Vous avez ce que je n'ai pas: du fric et j'ai ce que vous n'avez pas: un look". Tôt ou tard, on finit par décrocher son téléphone et prendre un rendez-vous avec John Machin ou Peter Truc, interminablement intermittents du spectacle, devenus coachs devant l'Eternel et surtout pour M6 afin de vous faire coacher ce que vous voulez. Leur limite? Votre budget!
Le problème avec ce genre d'androgynes, qui semblent sans cesse chasser une mouche avec leur main droite, c'est qu'en buvant leurs potions magiques pour devenir uniques, c'est à dire remarquables au sens "remarqué au milieu du dancefloor par une Sharone Stone prête à déposer sa fortune à vos pieds pour avoir le privilège de vous tailler une pipe", vous vous réveillerez complètement perdus au milieu d'un océan de chemises cintrées, de jeans slims et de chaussures brillantes à bouts pointus. Rassurez-vous, il vous restera toujours Julien Courbette pour faire du con anonyme que vous étiez, le con le plus populaire entre 22h30 et minuit et si ça ne suffit pas, ayez le réflexe Jean Claude Alarue!
Le jeu en valait il vraiment la chandelle? Si le coach a bien fait son boulot, c'est à dire vous avoir nettoyé le trou du cul à l'en faire briller comme une soupière en argent, votre réponse affirmative sera sans appel. En revanche, si vous avez des amis comme il en existe de moins en moins à mesure que vous gravissez l'échelle sociale, seule la somme déboursée pour cette sodomie artistique restera votre fierté.
Etre au chômage ne fait pas forcément de vous un coach en organisation du temps comme remplacer l'ampoule de la cage aux lapins de votre neveau ne vous propulsera pas au rang de coach en relooking d'intérieur!
Quoique, avec une bonne paire de couilles et un bon jeu de langue on arrive à caster n'importe quel animal pour le rôle du corbeau dans les fables de Lafontaine!
Alors, habillement ou déguisement?
Unique ou conforme?
Si la crainte de Dieu est le début de la sagesse pour n'importe quel croyant, en vérité, moi je vous le dit: le style peut devenir une mode, jamais l'inverse.

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