Une fois n'étant pas coutume, je voulais commencer ce nouveau billet par un coup de chapeau, un encouragement, une bonne nouvelle mais suite à une discussion à la cantine de mon entreprise avec un collègue au sujet des olives que nous préférions, je suis resté bloqué sur ces infâmes olives à la grecque!
Je ne conçois même pas qu'un être humain censé, c'est à dire qui se lève, petit déjeune, travaille et bat sa femme et ses enfants en rentrant le soir après avoir fantasmé toute la journée sur le cul de la secrétaire du patron puisse, un jour, se comporter comme un maniacodépressif lambda à la seule vue ou en l'absence d'un bocal de ces couilles de grecs momifiées et macérées dans une sauce, à la recette secrète et jalousement gardée depuis des générations par la famille Aliagas, parents pauvres de l'Apollon télévisuel, descendu de l'Olympe, non pas pour des Ferrero Roche d'or mais pour se taper des dentistes!
Perdu dans ma saudade des olives noires portugaises au goût délicat d'une enfance riche en odeurs, j'en aurais presque raté ce con de passant, la cinquantaine fringante et dynamique, le cheveu repiqué comme un gazon anglais avec cet imperceptible tortillement du cul qui lui donnait plus l'impression de glisser sur le trottoir que de marcher!
Il portait un putain de pull autour du cou! certes assorti à sa chemise à carreaux vichy, mais pull autour du cou quand même!
Comme un malheur n'arrive jamais seul, il était accompagné d'un ami au col de polo Ralph Lauren relevé!
Ambiance briefing de fin de match de polo assurée!
Tout ça, parceque ces messieurs des beaux quartiers préfèrent, au côté "vieux bourgeois qui a réussi dans la vie mais qui ne veut pas paraitre en fin de vie", celui de "vieux bourgeois qui a réussi dans la vie mais qui fait comme si il n'était pas au courant que le meilleur chirurgien de la Côte d'azur, qui lui a greffé un coeur d'adolescent, (mort le permis tout juste en poche avec trois grammes dans le sang), lui a expressement interdit l'alcool, les cigarettes ainsi que les relations sexuelles autre que manuelles".
C'est dur de vieillir mais c'est encore plus dur de mal vieillir, de se transformer en vieille pute provinciale après une belle carrière d'avocat ou de se prendre pour Big Jim quand on est incapable de mettre un téléphone portable dans sa veste sans détraquer le pacemaker!
Au plaisir angoissant d'un cabriolet, qui sert à la fois d'essuie-front et de crash-test pour perruque, je préfère la joie des rires d'enfants quand le grand-père pète en parcourant son jardin potager ou en se baissant pour ramasser une tomate.
Maintenant, la bienséance ou un désir de prouver son intelligence en affichant une ouverture d'esprit sans égal, me poussent à me demander ce qui motive un homme d'un certain âge ou d'un certain milieu, à se balader le long des côtes françaises avec, en journée, le col du polo relevé et en soirée, le pull rose autour du cou!
Peur panique d'un cou de soleil ou d'un torticoli?
Raisons purement pratiques? En effet, cela évite d'encombrer des mains, plus utiles pour ramasser un coquillage tout en se disant que la nature est bien faite et que l'homme est si petit face à l'immensité de la nature avant de se gratter la tête, pas trop fort pour éviter de décoller les implants ou réveiller les pellicules, comme pour exprimer une gêne d'avoir trop réflechi.
Raisons esthétiques? Porté autour de la taille, il ne ferait qu'accentuer l'inéxorable transformation d'un corps, jadis taillé comme une flûte à champagne, en une vulgaire bouteille d'Orangina!
Raisons sexuelles? Lorsque l'on est accompagné par autre chose qu'une garde malade, les mains sont toujours plus utiles sur un cul qu'avec un pull, fusse-t-il en cachemire!
Ne me parlez pas de mode!
Il suffit de feuilleter les catalogues de la Redoute, des Trois suisses ou autre Quelle pour être convaincu que, passé un âge, c'est salopette en jean extensible et robes à fleurs pour tout le monde!
On peut toujours être compréhensif, se dire qu'à cinquante ans, la plupart des neurones sont comme des cierges d'église: éteints après avoir exaucé une prière, mais à 25 ans c'est inadmissible!
Je veux bien que l'on fasse comme papa, qu'on cherche à s'affirmer, à exploiter le moindre poil sur la joue qui se transformera un jour en une barbe fournie, dans laquelle on passera ses doigts tout en reflechissant avant de donner notre dernier mot à Jean Pierre Foucaud, mais papa il fait comme qui déjà?
dimanche 13 septembre 2009
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