dimanche 13 septembre 2009

Les anneaux vibrants


Secret Story est de retour et à vrai dire, je m'en fous!
Comme 60 millions de français, je chie tranquillement chaque matin bien à l'abri des caméras et lorsque je dis du mal d'un collègue ou d'un responsable, j'ai le doux privilège de ne pas diviser la France entière à une heure, où les enfants, s'ils avaient autre chose que des figurants pour parents, seraient déjà copains-copains avec le marchand de sable sur une plage de Thaïlande et les ados en train de perdre leur pucelage avec Morphée.
Les annonceurs, sauf si ils sont conseillés par un chômeur russe de longue date à qui l'on a fait croire que vendre des espaces publicitaires était comme vendre de la viande au marché du coin, font hautement confiance à des cabinets hautement réputés pour vendre des produits hautement intéressants à des ménagères hautement sollicitées entre le petit déjeuner des enfants et le dîner du père de famille.
Par conséquent, lorsque le chef Durex nous propose son assortiment d'anneaux vibrants en guise d'amuse-queue avant Secret Story et après, comme pour nous dire que la partouze entre finalistes est, selon toute vraisemblance, reportée à la semaine suivante, son omelette norvégienne de gels à vous glacer la peau des couilles, j'en déduis qu'ils étaient plus pertinents qu'un Père Dodu, qui à lui seul, aurait foutu en l'air le concept d'élevage de dindes interactif en plein air, à Saint Denis ou un Capitaine Igloo qui aurait transformé n'importe quel QI d'Einstein en QI de poisson pané, niqué quelque part dans les mers du grand nord alors qu'il cherchait l'aventure avec un thon ou une morue!
Ce qui m'amène à penser l'impensable: et si même Durex, bien que mieux placé que quiconque avec son leadership de chambres à air pour bites, s'était fait baiser par TF1?
Ils avaient signé pour l'île de toutes les tentations, où de faux couples ont tellement baisé la production, pour se taper des pina coladas aux Bahamas, entourés de filles en string et des VRP en tablettes de chocolat, qu'elle a été contrainte de mettre la clé sous la porte et ont été transformés en Assedic pour de jeunes désoeuvrés, dont le seul secret valable est qu'ils n'avaient visiblement rien de prévu pour les grandes vacances et qui, selon toute autre vraissemblance et compte tenu des horaires proposés pour les castings, étaient déjà sans emploi!
Toujours est il qu'un soir en semaine, alors que je cherchais des pansements au Monoprix du coin pour camoufler un vilain furoncle mal placé, je tombais nez à nez avec les gels Durex.
L'espace d'un instant, je vis ma vie, (sans jeu de mot), défiler sous mes yeux: mon premier baiser, ma première fois, ma pire diarrhée et ma pire cuite où je n'avais plus assez d'orifices de disponibles pour évacuer tout l'alcool ingurgité et j'ai craqué!
Je suis passé à la caisse avec mes pansements et un anneau vibrant pour demander ma bite en mariage!
Moi, l'homme qui n'avait craqué qu'une seule fois dans sa vie après un spot pour des yaourts à la pistache Mamie Nova!
Le plus humiliant, vous me croyez si vous voulez, n'était pas d'en parler avec ma femme, ni même de le lui proposer mais bel et bien d'admettre que j'étais devenu, en l'espace d'un achat, monsieur tout-le-monde, aussi fragile et influençable qu'une ménagère de moins de cinquante ans et qui allait désormais se sentir aussi con qu'un sapin de Noël avec une guirlande vibrante au bout de sa branche!
Confiant en mes performances, j'étais toutefois parcouru par la vive angoisse d'épuiser la batterie de l'anneau bien avant ma partenaire et de mettre un terme à ma prestation, gêné par cette "verrue"!
Au final, l'expérience n'aura duré que deux minutes, non pas que je fus atteint d'éjaculation précoce ou que je fêtais une sortie de prison mais parceque l'impression désagréable d'être un Terminator avec une perçeuse à percussion Black&Decker en guise de queue pour une publicité Leroy-Merlin a fini par nous convaincre, mon épouse et moi même, du besoin impérieux d'un retour aux sources!
L'amour "old-school", à l'ancienne, l'époque pré Skynet, où l'artisanat était encore la première entreprise en France, du moins, pour la pub...

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