Que faire en attendant le marchand de sable dont un empêchement de dernière minute fait qu'il aura au mieux quelques heures de retard et au pire, qu'il ne viendra pas?
Engraisser une multinationale pharmaceutique en se gavant de somnifères?
Lire un livre qui décore plus la table de chevet qu'il n'inspire?
Boire une tisane verveine-menthe en sachant qu'il faudra se lever, faire chauffer l'eau, attendre qu'elle infuse et puis se relever pour nettoyer la tasse et la cuiller et avec, la pile de vaisselle sale qui s'accumule dans l'évier depuis la soirée pizza entre copines?
Fort heureusement, des chercheurs, certainement confrontés eux mêmes à ce genre de perspectives d'efforts et de contrariétés, ont mis au point l'alternative parfaite: la télé!
Ni une, ni deux, je saisis la télécommande!
A peine avais je pressé le petit bouton rouge qu'une terrible angoisse s’empara de moi: pourquoi, lorsqu'on se fait chier comme un rat mort, il n'y a jamais rien de bon au programme, c'est à dire de suffisamment distrayant pour nous faire oublier notre condition de rongeur trépassé?
Est-ce un fâcheux concours de circonstances ou tout simplement une des caractéristiques principales de cet outil?
J'eu à peine le temps de formuler cette interrogation que déjà, je me retrouvai suspendu à plus de 300 km/h au dessus du casque de Lewis Hamilton avec Sebastian Vettel en ligne de mire.
Ouf! Me dis-je presque instantanément! Ça aurait pu être pire car tout comme les sites de rencontres, les programmes télé offrent plus souvent des "Derrick" que des "Georges Clooney".
La perspective des 52 tours restants provoqua l'affaissement aussi soudain que complet de tout mon corps. La position optimale pour m'endormir étant trouvée, je n'avais plus qu'à me laisser bercer par ce manège enchanté.
Plaisir de courte durée puisque, au moment où les yeux mi clos, j'étais devenu Lewis et que je me battais pour la première place du grand prix des Etats Unis, un gros con de figurant, déguisé en pilote de formule 1, parasita mon écran plat en se frottant la sacro-sainte barbe de trois jours qui ferait passer n'importe quel chômeur de longue durée pour un grand reporter de guerre!
Un flash lumineux plus tard, il réapparu...imberbe comme un adolescent et me fixant d'un regard de bovin gay tout en continuant de se frotter la joue.
Que devais-je comprendre? Qu'il souffrait d'une rage de dent qu'une mauvaise mutuelle forçait à faire des économies sur ses cachets de mannequin?Que sa barbe n'était pas vraie ou qu'il ne savait pas quoi faire de ses mains?
Grâce à l'intervention providentiellement calculée du narrateur, je pus pénétrer la matrice et saisir toute la subtilité de cette parabole publicitaire: on parlait d'un rasoir!
Le Sensodrive de Phillips pour être plus précis.
Est-ce un oubli dû à un montage hâtif, à un plan social gardé au congélateur comme des nouveaux-nés en attendant l'élection de François Hollande ou à un concept totalement révolutionnaire et pour le moins osé, je l'ignore. Tout ce que je sais, c'est que c'est une première mondiale dans la connerie humaine puisqu'on ne voit jamais le rasoir en question! Rien, wallou!
Pas une seule image fixe et encore moins mobile!
Comment ferais-je dès alors pour trouver au rayon electro-ménager et acheter un produit que je n'ai jamais vu Monsieur Phillips???
Pendant ce temps, Wilkinson nous gave de ces images d’Épinal en 3D où le rasage, l'épluchage et le repassage sont d'une facilité si déconcertante qu'elles ne remettent pas en question nos quatre mains gauches mais bel et bien l'inefficacité des produits que nous utilisons!
Attendez..J'y suis! Mais c'est bien sûr!
Phillips a trouvé le moyen miraculeux de se raser avec la paume des mains!
Un nouveau jeu de paumes en quelque sorte..
vendredi 7 décembre 2012
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