lundi 28 septembre 2009

Panama de travers


Les gares sont merveilleuses!
En règle générale, on y chiale beaucoup. On y chiale tellement que, si l'on faisait un "top ten" des endroits les plus "chialatifs", Omar Sharif parierait sans aucun doute tous ses cachets d'intermittent sur gares, cimetières et l'aéroport de Madrid!
On y chiale pour une femme qui retourne chez sa mère, on y chiale pour la même femme qui revient parce qu'elle ne supporte plus sa mère, bref, vous l'aurez compris, on y chiale!
On y chiale surtout parce qu'il est de bon ton d'y chialer, voilà tout! A quoi ressembleraient des adieux ou des retrouvailles sans ces putains de larmes de gare, à un entretien d'embauche ou une publicité pour les témoins de Jéhova?!
On y chiale avec la même énergie et la même crédibilité que le 1er Novembre dans tous les cimetières de France ou à l'aéroport de Madrid!

Toujours est il que, scrutant les quais à la recherche d'un couple candidat à ces "chialeries", (j'en profite au passage pour vous donner une idée astucieuse pour occuper vos enfants qui, s'impatientant de voir la mer, vous empêchent de finir tranquillement un énième article sur une recette miracle des indiens d'Amazonie pour vous débarrasser de votre peau d'orange, à savoir le "qui part, qui reste?": un jeu très simple qui, comme son nom l'indique, à pour but de deviner lequel des deux cons va rester sur le quai de gare à regarder, comme un veau, le train partir avec l'autre con à bord, notez que ce jeu, d'apparence facile, cache en réalité une difficulté qui a son importance, à savoir que celui qui porte les bagages n'est pas forcément celui qui part, en effet, Monsieur, par galanterie, portera les affaires de Madame mais il peut également, et c'est là que réside la difficulté, porter les siennes, bref, vous l'aurez compris, un jeu passionnant, basé sur l'instinct, l'observation et la capacité d'analyse), je tombais sur le spectacle pathétique de trois contrôleurs de la SNCF qui devisaient en cercle, genre les trois mousquetaires du PMU!

Ce qui a, d'emblée, retenu, voire accaparé, (n'ayons pas peur des mots), toute mon attention, ce n'est pas cette chemisette rayée merde d'oie sur sang de porc, ni même ces pantalons trop larges qui, une fois serrés, se transforment en sarrouels mal taillés mais ce ridicule couvre-chef qui donne l'impression de voir des poussins porter leur nid sur leur tête!

Le chapeau doit revenir à la mode, tout comme la moustache ou le costume rayé.
L'élégance doit revenir à la mode de façon générale et surtout, de façon urgente!

Malheureusement, en cette période trouble, où la mode se cherche comme un adolescent en crise, le chapeau n'est pas encore un accessoire masculin mais un symbole de quelque chose!
A même titre que le badge dans les années 80 qui nous permettait d'afficher et de partager nos goûts de chiottes, (une sorte de Facebook du pauvre), le chapeau nous offre les mêmes possibilités.

Je vais, dans les prochaines lignes, vous livrer, non sans émotion, (et non sans évoquer ces sites à la con qui vous explique comment gagner 10000 euros par mois sans sortir de chez vous), le résultat de mes recherches.
Après mûre réflexion et moultes observations, je suis en mesure d'affirmer, (je sais, ça sonne très "Eglise de scientologie"), que le chapeau sert à tout sauf à protéger du soleil!

Alors que la casquette de livreur Stetson donne plutôt un look d'écrivain du 6ème arrondissement de Paris, le chapeau, quant à lui, ou plus exactement ce misérable panama en papier tressé H&M, (imitant toutefois à la perfection la paille sud-américaine des vrais panamas que l'on ne peut pas s'offrir à 18 ans), est censé évoquer, dans l'inconscient collectif lycéen du moins, un style de vie oscillant entre Madness, Pete Doherty et Telephone!
Le panama, à en croire tous ces merdeux hystériques à l'aube d'une vie sexuelle, donne, à qui le porte, le pouvoir de se transformer en "rocker"!

Le problème, c'est qu'avec leurs têtes de puceaux en fin de vie, et par conséquent, leur manière ridicule de le porter, nous sommes plus proches d"Emule,MSN & KFC" que du sacro-saint "Sex, drugs & Rock'n'roll"!

De plus, étant donné que le cheveu est un symbole social fort, on peut aisément évaluer le degré de rébellion de ces "rockers", (pardonnez-moi, le mot me fait rire à chaque fois), en en mesurant le niveau d'entretien, (et à ce sujet, il faut savoir que, selon l'échelle du peigne de Jean Louis David, plus c'est sale, plus c'est cool!).

Le mieux étant l'ennemi du bien et la paresse mère de tous les vices, à force de surenchères dignes des "c'est qui qui pisse le plus loin sur le parking de la discothèque de Saint -Etienne", certains finissent par ressembler à Kuzko, après sa transformation en lama bien entendu!

Je sais, j'ai vieilli. Je m'en rend compte à mesure que j'écris car je viens, sous vos yeux de commettre la même erreur fatale que nos propres parents, en comparant Slash, (guitariste des Guns&Roses pour les plus vieux d'entre vous), à Kuzko!

Je fais semblant d'avoir honte et d'avoir mal, (pour la forme, que les plus sensibles se rassurent), puisque, au fond, j'en ai absolument rien à foutre, j'assume mes complètement mes premiers cheveux gris ainsi qu'une expérience sexuelle à faire se liquéfier n'importe quelle adolescente en âge de s'accoupler et je pose la question: partant du postulat qu'une perruque est déjà un chapeau pour un chauve, peut on affirmer qu'il en porte deux en réalité lorsqu'il en porte un?

Bordel, où est ce que j'ai rangé mon Stetson?

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