mercredi 14 octobre 2009

Bill le bottier



Fétichiste à mes heures perdues et fournisseur officiel de ma femme pour tout ce qui est bas et collants, je suis fasciné, non pas par les jambes de femmes mais par les siennes, (détail qui aurait tendance à faire de moi un pervers "unijambiste" et non pas "multi-jambiste") et ce n'est, par conséquent, qu'en de rarissimes occasions que j'ai pu détourner le regard, avec une suffisance et une arrogance capables à elles seules, de détruire n'importe quelle pseudo-confiance en soi durement acquise au fil des articles "psycho-santé-bien être" de Cosmopolitan ou Marie Claire, en affirmant que j'avais les mêmes à la maison!

Au printemps, tandis que les adolescents sont plus en effervescence qu'en éveil des sens, nous voyons fleurir ça et là, les premières marques de chaussettes sur les mollets, les premières jambes blanches à vous dégoûter des produits laitiers et les premières rougeurs d'épilations douloureuses.

En été, tandis que les mêmes adolescents fêtent, sur de la tektonik, leur premier baiser avec une allemande rencontrée dans un camping espagnol, nous, les adultes, dont les premières relations sexuelles sont antérieures à la naissance des adolescents sus-cités, sommes gavés de jambes "oenobiolisées, beurrées au karité et "UV-ifiées", bref, des jambes de poupée Barbie pas naturelles pour une thune mais c'est de bonne guerre après tout car, la jambe reste le produit d'appel phare sur un marché de la chasse au mâle dominant déjà saturé par les culs et les seins!

Si, en hiver au contraire, grâce aux pantalons, les jambes sont enfin au repos et le maillot en jachère, l'automne quant à lui, reste la plus belle saison pour les jambes.
La peau, naturellement dorée au soleil cette fois ci est sublimée par des collants brillants, (à ce propos, j'éviterai soigneusement de vous faire remarquer que ce sont mes préférés pour ne pas passer pour un pervers notoire ou un fétichiste avéré, faute de quoi, plus de mystère, plus d'intérêt), suffisemment transparents pour suggérer une épilation et une hydratation parfaites!

Certaines fainéasses, ou autres vendeuses qui n'auront pas trouvé d'acheteur(s) lors de leur braderie estivale annuelle, en profitent, hélas déjà pour laisser la nature reprendre ses droits avec des collants plus sombres ou plus opaques qui donnent malheureusement aux poils cet aspect de toile d'araignée écrasée ou de peau de porc sous cellophane!

Pourtant, jusqu'à une rencontre relativement récente, du type Église des Saints des Derniers Jours, j'étais persuadé que les ballerines étaient ce qui pouvait arriver de pire à une paire de jambes, après bien entendu une épilation chrono chez Body Minute!

Le Diable est revenu sur Terre déguisé en paire de bottines noires, (dans ce cas et uniquement dans ce cas, on peut employer le mot "noir" au lieu d'édulcorer les propos avec la préposition "de couleur", s'agissant d'un objet et non d'une personne)!

Pourquoi noires?
Tout simplement parce qu'est couramment admise, par l'immense majorité des ménagères de tous âges et de tous horizons, l'erreur qui consiste à croire que le noir va avec tout!
Comme quoi facilité ne rime pas forcément avec efficacité!

La personne en question, corpulente comme un chef de rayon chez Carrefour et aussi attirante qu'une portugaise de première génération, avait choisi comme vêtements de chasse, ou plutôt comme tenue de combat, une mini jupe noire en matière chinoise indéfinissable mais providentiellement extensible, une doudoune noire, ronde et cintrée à la taille comme une sucette Chupa Chups, des collants noirs et ces infâmes bottines qui transforment n'importe quelle paire de jambes, ici plus qu'ailleurs, en authentiques cuisses de poulet tandoori, servies dans du papier alu et généralement accompagnées d'une fleur flétrie, taillée la veille dans un reste de carotte, façon cuisine japonaise, la classe en moins et n'importe quel pied en sabot de vache à lait, façon chaussure orthopédique pour poliomyélitique qui reste digne!

Afin de dissiper tout malentendu et ménager les sensibilités intersyndicales, je tiens à préciser que le fait d'évoquer, ou de faire plus ou moins allusion à son statut ou ses origines sociales modestes n'est, d'aucune manière, un effet de style journalistique visant à justifier son manque de goût évident et à stigmatiser ainsi le pauvre dans l'éternel rôle du ringard de service, les russes me comprendront!

Je dis simplement que, lorsqu'on a reçu deux jambons Serrano à la place des jambes au grand loto de la vie, il aurait été bien plus judicieux d'opter pour des chaussures fines, ouvertes et à talon et dans tous les cas de figure proscrire de sa garde-robe, sauf pour les besoins d'une pièce de théâtre ou pour faire rire les enfants le dimanche après midi lorsqu'il pleut, ces immondes chaussures de sécurité qui auraient fait mourir de honte le pauvre Chat Botté s'il avait du s'appeler le Chat Bottiné!

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