lundi 12 octobre 2009

Feydeau (Ne te promène donc pas au théâtre de l'Atelier 18 Rue de la Barillerie - 06300 Nice!)


Jouer du Feydeau c'est comme jouer avec sa carte Electron en fin de mois chez Prada: ça passe ou ça casse!

Ce que j'ai vu ce soir est pire que tout car, pour pouvoir le casser, la condition pré-requise serait au moins d'avoir quelque chose de solide, de cassable ou au moins de friable comme une merde de lapin séchée que les enfants prendront toujours pour des olives à la grecque!
Là, rien! Pas même un bout de carotte mal digéré!

Si, selon la définition de mon fils, la diarrhée n'est rien d'autre que du jus de caca, ce soir, c'était "open bar"!

Un décor façon "rencontre explosive entre le "designer" d'Emmaüs, le "décorateur" de la Croix-rouge et le "styliste" des Petits frères des pauvres"!
Une vraie descente dans l'enfer des salles des fêtes de la banlieue pauvre, (entendez par là, la zone de tous les records d'homicides, de viols, d'alcoolisme et de chômage selon les reporters de France Télévision), de Moscou!

Les fauteuils du salon bourgeois, ou du moins censés les évoquer, sont fait avec les sièges d'une Lada, dépouillée quelques pâtés de maison plus loin, sous l'œil complice et attendri de l'oncle Vania.

Les costumes, trois fois trop grands n'ont même pas eu le temps de passer entre les mains d'une babouchka, plus ivrogne que couturière, après avoir été dérobés à quelques morts ou survivants d'une fusillade sur fond de prostitution et de machines à sous!

Le jeu des acteurs ainsi que la mise en scène, (ou du moins ce que nous avons coutume d'appeler "jeu" et "mise en scène" dans la profession), "modernes" comme la tenancière du bordel aimait à le répéter, c'est à dire ridicules, sont une insulte au génie de Feydeau et à la notion même de "théâtre"!

L'idée que ces morceaux de viande osent se prendre pour des comédiens, ou du moins se présenter ou encore se vendre comme tels me force à me poser une terrible question:

sommes-nous devenus moins exigeants ou n'y a t-il donc plus de talents?

Pour cinq euros j'ai pu voir un Philippe Torreton sublimer Molière à la Comédie Française, là, pour seize euros, (soit quatre happy meals chez Mc Donald ou trois pintes pendant l'happy hour ou deux repas complets dans n'importe quel chinois ou un kilo de saumon frais), j'ai vu l'amicale de théâtre d'une maison de retraite roumaine, financée par l'Unicef et Médecins sans frontières, organiser une tournante avec Feydeau avant de foutre la vidéo en ligne sur Sexymotion ou Porntube pour se faire un peu de blé, histoire de rembourser le bon prix qu'Igor a eu pour la caméra ayant appartenue à un touriste quelques heures auparavant et dont le doigt était encore collé sur "Record", les préservatifs en chambre à air de vélo entièrement cousus mains par le cousin Boris et l'emplacement de parking, chèrement loué à l'heure par le gardien de l'immeuble, et très certainement ancien officier de l'armée soviétique, l'infâme Ivan!

Si ils n'ont pas pris de cours, qu'ils en prennent!
Si ils en ont pris, qu'ils changent d'école!
Si ils ont changé d'école, qu'ils changent de pays ou de métier!

Quant à la coupure de presse, ou plutôt ce bout de papier cul trop flatteur pour n'être rien d'autre qu'un article écrit par un ami de la famille, il aurait mieux valu éviter l'emploi de mots tels que "triomphe" ou "standing ovation", ça aurait moins sonné "petits arrangements entre amis", "renvoi d'ascenseur", "échange de bons procédés"!

Une chose est sûre, quitte à être payés pour vendre de la merde, brûlez le théâtre, touchez la prime d'assurance et avec, ouvrez un Kebbab comme ça, vous pourrez continuer à nous servir de la merde mais au moins, vous nous ferez plus chier le ventre vide!

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire