
Les paysans sont en colère et moi aussi !
Evidemment pas parce que l’aubergine me coûte un bras alors que pour eux, c’est la peau du cul mais parce qu’il est accepté de tous que pour être tendance, il fallait impérativement porter un costume et une cravate noirs ainsi qu’une chemise blanche, le tout slim, cintré, moulé, serré, collé, la version « cool » ne tenant qu’à de petits détails : bouton du col défait, cravate mal nouée et surtout pendue négligemment, mais savamment, sur le côté à un angle d’environ huit degrés, l’angle étant proportionnel à votre « coolitude » !
Ce n’est pas une raison, certes, pour débarquer place de la Nation, à bord d’un tracteur qui fait passer les deux heures du TGV Paris-Lyon pour un pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle par un cul de jatte aveugle et doté du sens de l’orientation féminin, d’une part parce que je préfère le confort d’une boîte automatique et d’un intérieur cuir, malheureusement pas assez crédibles lorsqu’il s’agit de contester, bien que le Che portait deux Rolex au poignet, (comme s’il fallait impérativement s’habiller comme Olivier Besancenot pour faire « proche du peuple », car est il besoin de le rappeler, les fonctionnaires sont curieusement les seuls, mis à part quelques SDF roumains, à croire encore aux vertus du pull serpillère ou du pantalon de bagnard en toile de jute avec la même ferveur qu’un catholique associe richesse et péché), et d’autre part parce que je ne supporte pas l’ambiance foraine merguez-frites-bière et autocollants fluos sur T-shirts mal taillés et déformés par le lavage de trop !
Cependant, je serais d’accord pour une grève générale de la profession afin de dénoncer la facilité de cette tendance qui consiste à s’habiller comme pour le réveillon !
Du coup, nous pourrions peut être parvenir à faire voter une loi qui définirait « Christophe Mahé » comme une insulte vestimentaire !
En effet, le bougre, (derrière ses airs de benêt qui, aux filles faciles et au champagne, fait mine de préférer la joie d’une ballade en forêt amazonienne suivie d’un concert devant dix personnes qui se sont déplacées uniquement parce que, mis à part les bulldozers dans leurs forêts, ils n’ont guère d’autres activités locales, la notion d’office de tourisme n’étant pas encore une donnée abordée dans leur évolution), a très bien et surtout très vite compris et assimilé les codes vestimentaires pour véhiculer l’image qui lui sied le mieux ! Pantalons, baskets, T-shirt, chapeaux, bracelets, chapelets, colliers, le tout usé, recollé, rapiécé, récupéré, etc…Bref « Je fais du fric mais vous n’y voyez que du feu ! » à la manière du GHB « je t’endors pour mieux t’enculer ».
La semaine suivante, même Cricri mais là, changement d’ambiance pour la couverture, vu qu’il ne s’agit plus d’un magazine pour vierges de moins de quinze ans, (si, si, ça existe encore) mais pour homme qui confirme qu’il n’a que deux préoccupations dans sa vie d’homme moderne : ses abdos et sa bite : le putain de costume noir, cette putain de chemise blanche, ce putain de bouton du col défait, cette putain de cravate slim et surtout ce putain d’angle de huit degrés !
Il n’y a pas que lui, des fois que certains oseraient m’accuser, à tort, de m’acharner sur ce pauvre chanteur qui a bien du mal à devenir un homme, il y a aussi Nikos Aliagas, (mon préféré), Christophe Dechavanne, (le Bernard Menez du PAF) et son fidèle Carmouze, Benjamin Castaldi, (sans commentaires), Michel Denisot, David Beckham, Karl Lagerfeld, (et oui, la poupée Barbie existe aussi en version avec testicules), et même James Bond bordel!
Bref tout le monde !
Dire que pendant que Slimane est à la noce, le pauvre Kenzo s’acharne avec ses couleurs comme une grand-mère et la raie sur le côté de son petit-fils tectonik et moi, comme devant ces magasins d’après-guerre pour vieilles qui ont su voir dans la collaboration une excellente complémentaire-retraite, je me pose toujours la même question : qui achète ça bordel ?!

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