
Faisant partie des dizaines de millions d’inconnus qui se sont cotisés en masse pour rembourser l’investissement colossal de James Cameron pour boucler sa version de « La tentative d’expulsion des Schtroumpfs du pays des Bisounours par les méchants propriétaires terriens», j’ai du, l’espace de la projection, porter ces infâmes appareils pour déficients visuels, capables à eux seuls de transformer un Georges Clooney en vulgaire mouche syphilitique !
Malgré des effets spéciaux à faire passer Nosferatu pour Bourvil, je fus pénétré, le terme est bien choisi, par une question des plus métaphysique qui soit : si, sur cette planète, la taille du pénis était proportionnelle à la taille des autochtones, est ce que les africains comprendraient mieux le complexe de l’homme blanc et par là même les origines du racisme ?
Mais là n’est pas le débat, puisqu’avant même que le film ne démarre, j’avais déjà hurlé dans la salle, (en voyant la bande annonce du « Jeune éphèbe sur Aka-Aki au torse huilé cherche plan méchants à embrocher », à savoir le Choc des titans, remake plus viril et surtout moins « film de boules gay des années 70 » de la version années disco), « putain je veux voir ce film ! ».
Cependant, à chaque fois que la narratrice, à fond dans son rôle de conteuse grecque de légendes grecques, bien que certainement mal payée, prononçait le mot « Titans », je ne pouvais m’empêcher de sourire en pensant à cette discothèque de la grande, voire très grande banlieue lyonnaise où, ma sœur, la pauvre et bien qu’étant en pleine croissance à l’époque, n’avait le choix qu’entre des magasiniers torchés ou des mécaniciens aux doigts si petits qu’ils n’auraient même pas pu atteindre le point G d’un lapin et qui, bien qu’exerçant un métier différent, partageaient néanmoins de multiples points communs comme les ongles sales, l’œil torve et surtout la maîtrise des vannes de merde du genre « tu viens ? Ouais, j’y go ! D’agneau !! », ce qui doit, en partie, étant donné qu’elle n’était ni intéressée par une palette de yaourts ni encore moins par des cartons d’huile de vidange, expliquer l’acquisition rapide de son premier et unique véhicule !
Au cours de ce visionnage, qui semble avoir volontairement occulté l’épisode de la sodomie chez les philosophes grecs ainsi que celui de l’éjaculation faciale spartiate, je fus saisi par un détail somme toute anodin mais qui, l’espace d’un instant, m’a néanmoins plongé dans l’univers impitoyable des adolescentes parisiennes, où, comme chez leurs consœurs thaïlandaises, la vierge de plus de huit ans va être aussi difficile à trouver que du thon rouge chez Leclerc !
Le détail anodin en question, et je pèse mes mots, est cette espèce de serre-tête en lanières de cuir qui, si l’art de son placement n’est pas maîtrisé, à vite fait de transformer votre superbe crinière d’amazone, pour celles qui ont la chance d’en avoir une en lieu et place de feuilles d’algues ou de gaines pour fils électriques, au choix, en lamelle de champignon pour soupe miso, en tranche de pain de mie ou pire, en panettone, cas extrême dans lequel, les pépites de chocolat ou, à défaut, les fruits confits, ont été maladroitement remplacés par des pellicules aussi grosses que du tofu en cubes !
Mis à part une évocation sexuelle de la déesse de la chasse Diane, et par conséquent un appel du pied, voire une invitation, sans aller jusqu’à « incitation », à un apprentissage avancé des joies de l’amour physique, tant vanté par des grandes sœurs plus au fait des nouvelles tendances sexuelles que n’importe quelle vieille pute d’après-guerre de la rue Saint Denis, je ne vois pas l’intérêt ni même l’utilité de ce genre d’accessoire, mis à part peut être celui d’éviter l’évaporation des neurones, tout comme je ne comprendrais jamais comment une paire de Ray Ban à 120 euros finit invariablement en serre-tête unisexe malgré un cagnard à vous faire prendre vingt ans de rides en moins de temps qu’il n’en faut aux apprenties esthéticiennes de chez Body Minute pour vous faire un maillot qui ressemble vaguement à un ticket de métro usagé ou à un drapeau de pirate fouetté par le vent !
Le point, et j’y arrive, est que, comme tout article de mode, il ne devrait être porté que par ceux et celles qui peuvent et non par ceux qui veulent mais comme le paradoxe de la mode réside dans le fait de s’habiller comme tout le monde pour se sentir unique…

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