
De ma tendre jeunesse au Portugal je garde le souvenir ému des longues après-midis devant des films étrangers non doublés et sous titrés diffusés à la télévision ainsi que le charme désuet de la prononciation portugaise des journalistes en citant des noms de ministres ou présidents français, avec ce style inimitable du gars qui a l’arrogance de croire, (d’une part parce qu’il est journaliste et non pas maçon ou carreleur comme ses consanguins de concitoyens et d’autre part parce que, son oncle, maçon ou carreleur, a vécu et travaillé suffisamment longtemps en France pour savoir comment on prononce Mitterrand ou Chirac correctement), qu’il est parfaitement bilingue de naissance, voire génétiquement trilingue !
L’avantage des films en V.O, abstraction faite d’une traduction aléatoire et approximative, voire phonétique qui ferait passer le Portugal pour une sombre ethnie amazonienne, est, qu’en plus de permettre au commun des mortels d’entendre la vraie voix envoûtante d’un George Clooney, vous avez surtout l’exactitude de l’émotion véhiculée par le jeu d’acteur, qui, malgré tout, permet à ceux et celles qui maîtrise l’anglais comme un vendeur de soupe de pois chiches sur la place Djemaa el Fna, de, à défaut de comprendre l’histoire du film, au moins d’en comprendre qui et le méchant et qui est le gentil !
Difficile en effet, dans certains pays, de frémir à l’écoute de l’écarté de cuisses de Sharon Stone quand on sait que les voix des acteurs et actrices sont entièrement doublées…par des hommes !
A moins d’y être né et d’y avoir grandi, je ne conçois pas, et ce en dépit d’une imagination aussi débordante que les couilles d’un condamné à mort, qu’un homme, avec ou sans moustaches, puisse être excité en voyant une femme dire à un homme, avec la voix d’un homme ne l’oubliez pas, « lèche moi la chatte » quand la même voix lui répond « t’aimes ça salope ! » en lui mettant une fessée qui laisse les empreintes de la bague et de la ligne de vie !
Malgré tout, et à même titre qu’un film, (si le terme est exact), bollywoodien où les jeunes filles amoureuses, entendez les pucelles prêtent à se faire déchirer l’hymen, dansent comme des connes avec leurs amies, vierges elles aussi, dans des champs sans fin pendant que leur chéri, excité comme des vaches sacrées devant un taureau espagnol, se défoulent dans des combats de rue aussi précis et crédibles qu’une fausse Breitling, le tout entrecoupé de chants féminins aigus et saturés au point de dépuceler tout un car de vierges rurales, venues à pied ou a dos de mulet, présentes dans la salle de cinéma de quartier en 3D, c'est-à-dire avec des murs et un toit, je pense que ces films à doublure exclusivement masculine à l’ambiance schizophrène, sont une expérience à vivre au moins une fois dans sa vie, histoire au moins de rire un dimanche de pluie en hiver quand votre copine a ses règles et que votre compte est bloqué!
Sans conteste, le point fort des films en VO, pour les amis de la mule, c’est qu’ils sont bien plus faciles à trouver sur internet, en exclusivité mondiale, que la version français-canadien, qui du fait de la minorité de la demande, (et oui, elle est bien loin l’époque dorée où, pour se choper de la comtesse, il suffisait de parler français), sont aussi difficile à trouver qu’une vierge de plus de six ans en Thaïlande ou des pièces détachées pour orphelins haïtiens !
Sans oublier bien sur, la star du cinéma américain, leur produit phare, leur n°5 Chanel, le grand, l’unique, la raison d’être du cinéma parlant, le point d’exclamation de chaque phrase de chaque dialogue, le « peuchère » de Pagnol, le « putain » de Renaud, j’ai nommé le « FUCK » qui, malgré toute la bonne volonté du monde des traducteurs, n’aura jamais le même impact que dans sa version la plus originale qui soit et pour cause, on parle ici d’Al Pacino dans Scarface et surtout du langage de l’âme et vu que les français maîtrisent de moins en moins bien le français, autant investir dans les sous-titres, au moins, ils apprendront l’anglais !

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