lundi 5 novembre 2012

Le fabuleux destin de Monsieur Richard

Quel rapport existe-t-il entre un furoncle au cul et un cycliste? Réponse: le furoncle est au cycliste ce que le tennis-elbow est au tennisman: une maladie professionnelle.

Malheureusement, à la différence de son prestigieux cousin, le furoncle est une maladie honteuse, comme la syphilis chez les dockers anglais et les prêtres irlandais, alors, comble de l'ironie, à l'apogée de sa gloire.

Avouer en souffrir c'est faire, implicitement, partie d'une génération qui se liquéfie plus vite que la calotte glaciaire et dont chaque pas augmente de façon dramatique le risque de se choper toutes les merdes de l'univers et qui, vulnérabilité oblige, a fait du guide Vidal son livre de chevet en lieu et place du catalogue de la Redoute, du verbe redouter, si cher aux adolescents qui s'éveillent encore aujourd'hui aux joies de l'amour avec les pages lingerie fine où, question existentielle parmi les questions existentielles, ils se heurtent au même mystère depuis des générations: pourquoi la chatte d'une brune ne se voit jamais par transparence même avec une culotte en dentelle de Calais?

Un tube de crème et quelques antibiotiques plus tard, le cycliste retrouve la joie presque homosexuelle de mouler ses deux fesses musclées sur la selle en cuir bovin sans grimacer de douleur ni pédaler de travers.

Les publivores se demandent encore comment cette parenthèse dermatologique sur les éruptions cutanées va les mener à une réclame audiovisuelle vantant les mérites d'une marque automobile.
Qu'ils ne se torturent pas d'avantage, en effet, tout comme le furoncle, il existe des voitures honteuses qui, par le truchement d'une intervention providentielle de Fée Publicité, arrivent à déjouer l'attention du spectateur, comme n'importe quel virus informatique de base le ferait avec Windows, (qui soit dit en passant, au vu du taux de pénétration virale record proche d'un nourrisson en hiver devrait plutôt s'appeler "portes ouvertes" que "fenêtre"), en se faisant passer pour un tennis-elbow, catégorie Federer!

Que dire alors de Monsieur Richard, français moyen de père en fils et certainement chômeur ou RMiste puisqu'il en arrive à confondre la machine à café du garage Renault avec les restos du coeur car sa déchéance ayant entraîné son divorce, Monsieur Richard, sans toit ni but précis mais avec des allocations qui tombent tous les mois, aux locaux de Pôle Emploi ou autres boîtes d'intérim boulevard Magenta, préfère le confort spartiate d'un atelier mécanique où il peut se plonger en toute quiétude dans la mémorisation des brochures commerciales Renault qui jadis sortaient de son imprimerie, allant même jusqu'à se faire passer pour un responsable d'atelier lorsqu'une cliente s'inquiète pour le montant de sa facture de révision des 60 000 kms avant d'être poliment taclé par le vrai responsable, parti uriner ou passer un coup de fil perso aux frais du patron?!

A jouer ainsi sur la corde de l'humain, Renault a négligé la facilité déconcertante avec laquelle le spectateur parviendrait, malgré lui, à une association d'idées catastrophique: Renault, sponsor officiel de la France d'en bas!

Monsieur Richard n'ayant pas digéré sa précédente humiliation, véritable castration puisque perpétrée devant une femme, est revenu dans l'épisode suivant pour se venger mais sa cruauté, n'ayant d'égal que son niveau socio-culturel, puisque rappelons le, Monsieur Richard est un français moyen, il va la déverser sur son propre fils, car comme tout être de sa condition précaire, il a encore le respect de la hiérarchie, en l'humiliant devant le dit responsable, (geste qui n'a pas la noblesse du sacrifice d'Abraham mais la bassesse d'une vulgaire soumission animale), une fois de plus absent lors de l'arrivée d'un client!

Ces absences répétées sont elles le signe d'une prostate défaillante, du peu d'égard que Renault témoigne à sa clientèle ou de sa perte d'habitude d'en recevoir? Tout comme la chatte invisible de la brune ténébreuse de chez Simone Pérèle à la page 587, ce mystère demeurera aussi longtemps que les pères oublieront qu'ils sont avant tout des hommes et que, à ce titre, crise ou pas, ils ont le devoir de transmettre à leurs enfants autre chose que cette image merdique de trois copains débiles, français moyens de leur état, souriant comme des puceaux et chuchotant une chanson de rock culte dans une voiture en plastique minable, à cause du petit Grégory de l'un d'entre eux qui dort dans le siège auto et dont ils vont se débarrasser, comme on sort les poubelles en sifflotant pour avoir l'air moins con, pour aller faire quoi? Assister à un match de foot!

Monsieur Renault, la voiture est à l'homme ce que les bois du cerf sont aux mâles dominants: le symbole de leur virilité alors fabriquez-nous des voitures au lieu de nous vendre de la honte, au moins vous comprendrez pourquoi les affaires vont mal et vous éviterez ainsi de grossir les files d'attente à vos machines à café, à moins que vous ayez déjà dans l'idée de vous refaire...dans la restauration rapide!
Conversion facilitée par votre longue expérience et votre votre savoir faire dans la fabrication et la vente de merde.


Pendant ce temps là, Bentley me vend du rêve..et ça ne me coûte pas un rond!
   







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